Saint-Rémy de Provence 1947-48

 

      Avec Cavell qui a quitté l'Angleterre, soupçonné d'être communiste et Téjéro réfugié qui a fui l'Espagne franquiste, Ripert décide de s'installer à

St- Rémy..... où brillent toujours les soleils de Van Gogh.

  Une amie américaine leur a prêté son mas, niché au pied des Alpilles,

le « Roi des rois » : une maison, certes,mais sans eau, sans électricité, avec un chauffage plus que précaire. L'année sera très dure ; le rationnement est encore très strict dans l'immédiat après guerre. En ce triste hiver, les assiettes sont souvent vides

La vie s'organise néanmoins . Ils rencontrent les peintres qui vivent dans la région : Gleize qui va illustrer les Pensées de Pascal,et sa femme Juliette, déjà passionnée par un petit jardin de légumes qu'elle a plantés, Chabaud dans son mas de Graveson ; et ils croisent d'autres artistes de passage (entre autres Balthus et Poliakoff ). Ils seront reçus par Charles Mauron, intellectuel de haut niveau et angliciste, Maire de St-Rémy, qui a traduit les « Sept Piliers de la Sagesse » de Lawrence d'Arabie.

 En 1947, la municipalité accepterait que les trois hommes ouvrent une école d'arts plastiques pour les enfants du village. Le local est trouvé, mais on estime qu'ils ne sont pas assez engagés politiquement et les contacts avec Fougeron sont décevants.

Qu'importe ! autour d'eux, la campagne est  un enchantement , lumineuse, toujours renouvelée ; ils ne parviendront pas à se lasser de ces paysages.


1948

 

Depuis sa découverte de Paris, Serge Ripert a compris que tout a changé pour lui. Il lui faut se libérer du passé, avec un autre regard sur ce qui l’entoure, et redéfinir son monde intérieur.

 Dans quel esprit va-t-il reprendre ses outils : pinceaux, couteaux, palettes et affronter la surface blanche, huile ou gouache, aquarelle ou pastel ?

 En 1948, au gré des saisons, on le retrouve tantôt à St-Rémy, avec Cavell et Arturo, tantôt à Nîmes, dans sa famille.

 C’est une année fructueuse. Sa manière s’affirme, une manière pleine de vigueur dans la couleur et le graphisme. Il poursuit ses recherches, essayant à force d’exigence , de trouver sa propre expression.

 De St-Rémy, il ramènera de nombreux paysages et plusieurs natures mortes.

 A Nîmes, il attaquera des compositions de dimensions respectables,des corridas, des marines. D’autre part, il séjourne souvent à Caseneuve, le village de ses grands-parents. Epris d’architecture médiévale, il apporte régulièrement son aide au peintre Coubine qui a entrepris la restauration du Château. Pour son ami, il réalise une grande fresque, copie d’une œuvre de St-Savin, : l’ivresse de Noé.



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