Serge Ripert et les mythes antiques


     Au Lycée de Nîmes, Serge Ripert a fait, comme on disait autrefois,

« ses Humanités ». Il s’est passionné pour les Mythes Grecs et Romains qui évoquent, pour lui, de merveilleuses représentations antiques (architecture, statuaire, peintures) , et surtout qui portent en eux les grandes interrogations même de l’existence, à savoir le sexe et la mort.

Ainsi peindra- t-il deux « LEDA », la première , une huile sur toile, en 1948 ;

La seconde, une aquarelle rehaussée d’encre de Chine, un peu plus tard.

 

LEDA:

Léda, mariée au Roi de Sparte, se laisse séduire par Zeus, métamorphosé en cygne. Le dieu des dieux ne cessera jamais de poursuivre , sous des apparences trompeuses, les jeunes beautés grecques , de les conquérir et de forniquer. C’est l’image même de la virilité triomphante et un peu dérisoire. Mais c’est Léda surtout qui fascine le peintre : échevelée, hagarde, extatique, elle a le regard tragique de l’extrême exaspération qui précède la jouissance.

 

LE MINOTAURE:

Entre mythe crétois et tauromachie.

On a souvent considéré le Minotaure , comme le mythe de la création artistique.

Le monstre lui-même est le fruit de l’imagination humaine. Il vit, caché dans un labyrinthe inextricable, magistralement conçu par Dédale. C’est un lieu rempli de pièges, inaccessible au commun des Mortels. S’y aventurer, c’est se perdre et trouver la mort . Thésée doit à son génie d’en sortir victorieux . Dans un moment d’ivresse, il a séduit le Minotaure, puis lui a donné l’estocade comme un matador.

 

 

Le COMBAT  des CENTAURES et des LAPITHES :

une grande toile de 120cm sur 200, réalisée en 1948. La légende raconte l’histoire d’un mariage, censé établir de bonnes relations entre deux peuplades assez frustes, les Lapithes et les Centaures. Pris de boisson, excités par le vin qui coule à flots, les convives déclanchent une bagarre qui dégénère en tueries, enlèvements, viols.

Pour évoquer ce combat, S. Ripert, nostalgique des peintures murales, choisit un format de dimensions respectables. Bien construit, le tableau est traité en couleurs lumineuses et franches. De part et d’autre, les combattants s’affrontent avec furie. Au centre, les femmes, toute grâce et délicatesse, affolées, savent qu’elles sont l’enjeu mortel de la tragédie.


  

SUSANNE  et  les  VIEILLARDS:

 

Triptyque huile sur bois (166cm sur 112 ) peint en 1948. Le sujet s’inspire de la Bible, Livre de Daniel .

Susanne, jeune Juive d’une grande beauté, est mariée à un riche notable de la ville. Chaque après-midi, la jeune femme se promène dans le jardin, à l’ombre des chênes et des lentisques. Deux vieillards débauchés , cachés dans les buissons, la guettent et cherchent une occasion de la séduire. Un soir de grande chaleur, Susanne, accompagnée de ses suivantes, s’approche d’un bassin pour se baigner ; C’est cet instant que le peintre choisit : les baigneuses illuminées par les derniers rayons du soleil, goûtent le calme du crépuscule : chairs nacrées ou ambrées des corps, innocence des regards , douceur des gestes.

Un peu à l’écart, les deux vieillards, à l’affût, attendent le moment d’agir, en proie à leurs fantasmes que le spectacle de la beauté exaspère .

On pourrait penser au premier acte d’un livret d’Opéra. C’est le début d’un horrible drame ! Susanne, la chaste Susanne, injustement calomniée, sera condamnée à être lapidée, mais rassurons-nous, elle sera sauvée de justesse par Daniel, un jeune Judéen, plein de sagesse et d’habileté, qui trouvera le moyen de confondre les criminels.   

 

 

 

 

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