Sud marocain.

Septembre 1952- Juin 1954.


 

 TAROUDANT, vaste oasis, dans la vallée du Souss, au pied de l’Anti Atlas.

 De tous côtés, une eau qui bouillonne dans les seghias, des oliviers millénaires aussi majestueux que nos chênes, et puis la végétation luxuriante des pays chauds : palmiers, bananiers, cactus.

 La ville est entourée de remparts. Une cité authentique : Médina, Mellah, avec les artisans, les boutiquiers dans leurs échoppes.

 Nous voilà soudain plongés dans le rêve d’un Conte d’Orient : la grande Mosquée, Djemma El K’bir, les souks ombragés, le marché aux esclaves, la Place Assarag (Place bleue) avec ses conteurs, ses musiciens, ses charmeurs de serpents.

 Le dépaysement est total. Serge Ripert choisit une maison arabe : épais murs de terre, plafonds en branchages apparents, patio, puits, décor bleu et blanc.

 La voisine, M’Barka, ravissante brune, regard pétillant, chevelure chatoyante, escalade les terrasses, curieuse de nous voir. D’ailleurs, malgré les profonds bouleversements politiques qui se préparent, nos voisins roudanis nous traiteront toujours avec gentillesse.

 Suprême luminosité, douceur de la saison ; tout semble favorable !

 Seulement voilà, dans les années 51-52 , Serge s’est arrêté de peindre.

 La reprise s’avère difficile. A force de travail, de tentatives qui n’aboutissent pas, tel un musicien qui reprend inlassablement ses exercices, il finit, au bout de quelques semaines, par retrouver le sens de ses recherches.

 Son séjour marocain va le combler : il ne sera jamais à court d’inspiration.

 Tout ici invite au plaisir des sens : la tiédeur de l’air, l’intensité des couleurs, les goûts d’épices et de miel ; le bourdonnement des rues, la musique, les odeurs qui traînent dans la ville. Il en résultera de multiples paysages, des natures mortes, des sujets typiques, des compositions……

 En 1954, il ramènera en France, une centaine d’œuvres, et plusieurs sculptures.

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